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Orient-Express, le train qui symbolisait l’antithèse du nationalisme

Mauricio Wiesenthal écrit la biographie de ce chemin de fer, symbole d’une civilisation, qui devient un hymne à la culture et à l’Europe à l’heure où l’autodétermination politique refait surface. Un conte plein d’histoires d’artistes, d’espions, de musiciens et d’écrivains qui va de Londres à Istanbul.

Le premier voyage sur le luxueux Orient-Express, en 1883, fut une expérience unique. L'offre gastronomique, par exemple, varie selon les pays qu'elle traverse

Le premier voyage sur le luxueux Orient-Express, en 1883, fut une expérience unique. L’offre gastronomique, par exemple, variait selon les pays de passage.

Mauricio Wiesenthal nous apporte dans son nouveau livre l’un des mondes d’hier, la biographie humaine et matérielle de l’Orient-Express, qui n’est pas l’histoire d’un chemin de fer, mais la chronique de toute une civilisation. Sa splendeur s’est reflétée dans notre mémoire comme une splendeur d’élégance et de délicats ornements artistiques qui résonnent encore comme un écho lointain de ce que nous étions.

Ses routes étaient les chaussées d’un rêve appelé Europa, qui aimait les cafés, commençait à lire les journaux à travers les pages consacrées à la culture et s’aventurait vers les portes de l’Orient, cet Istanbul magique, riche en légendes, à la recherche d’archéologies perdu et déserts abondants dans les horizons. Elle a commencé à Londres et s’est terminée en Turquie, et Mauricio Wiesenthal, dans son livre « Orient-Express » (Cliff), évoque à nouveau ces saisons où il était facile d’imaginer des « dialogues pasternak », des complots d’espions ou des adieux d’amants. Ses pages nous donnent ce souvenir oublié de locomotives et de wagons de marqueterie « art déco » de valeur signés par Maple, René Prou, Morrison et Nelson; compartiments conçus avec du teck et de l’acajou, des rideaux damassés sur les fenêtres et des panneaux floraux sur les murs.

Et le tout mis en valeur par des phrases rondes, inventées pour la réflexion et qui sont comme l’ID involontaire de votre pensée: « Pour être un bon voyageur, il faut être attiré par l’au-delà », « être européen c’est se sentir comme un enfant de civilisation, de travail et de l’esprit « , » symbole d’une époque qui rêvait de franchir les barrières des nationalités « , » les doctrines politiques ne doivent pas être absous « .

L’écrivain, creuset de langues et d’une vie aiguisée par les expériences, ne laisse pas de côté la carte du monde des personnalités qu’il a rencontrées dans ses transferts, Maria Callas, Rubinstein, Marlene Dietrich ou Laurence Olivier; récupère l’anecdote de ces voyageurs habituels, comme Coco Chanel ou Mata Hari, et éclabousse leurs pages avec les noms de Picasso, Dalí, Freud, Zweig, Joséphine Baker, Paul Morand, Colette, Nabokov ou la malheureuse et brisée Constance Lloyd, épouse de Oscar Wilde, de malheureux devenir. « C’est le train de l’Europe, de l’histoire moderne à la guerre froide et au rideau de fer, lorsque l’Europe se brise, ce point culminant des idéaux qui était et qui aspirait à conquérir des marchés et traversé des territoires de l’Angleterre et de la France à l’Europe centrale, l’ancien empire austro-hongrois, symbole de ce que nous avons réalisé, de l’Europe de la culture moderne.

Que représentait l’Orient-Express?

L’homme, la culture, la civilisation, le monde des explorations géographiques, le progrès, qui est utilisé aujourd’hui avec une telle tendance politique, car le seul véritable progrès est la morale. Tout est ce que ce train représentait, non pas parce que c’était un train, mais parce qu’il nous a ouvert le monde. Souvent, les États nous confinent, ils veulent nous enfermer, non pas pour vaincre les pandémies, mais pour nous transformer en troupeaux puis nous achever. Les trains franchissent les frontières, ouvrent les esprits, interagissent avec différentes langues, font progresser le commerce …

Aujourd’hui, les nationalistes réapparaissent.

« Cela me terrifie. » Il y a encore ceux qui veulent justifier cela : qu’il y a un bon nationalisme et un mauvais nationalisme. Je trouve ça horrible. Le mot «nation» ne veut rien dire, comme le mot «piège à souris». Je suis frappé par le fait qu’une personne se trouve là où elle est née. Il n’a rien de moral là où il est né. Maintenant, même le mot « sport » est affecté et il est destiné à faire un « sport nationaliste ». Mais la bonne chose à propos du monde est qu’il est très grand et que n’importe où peut émerger le meilleur joueur de tennis, footballeur ou quelqu’un qui représente un espoir pour l’humanité. Je ne partage pas cette idée terrifiante que tout doit être né dans votre pays. Vos tomates seront bonnes, parce que ce sont les seuls que vous essayez, mais il y a beaucoup plus de tomates. Ces frontières sont des barbelés, où certaines personnes en détestent d’autres parce qu’elles parlent une autre langue ou parce qu’elles mangent d’autres aliments. 16